Aspectpainting

Hauteur 160 cm
Largeur 135 cm
Longueur/Profondeur 1 cm

3 200,00 €*

Description

Technique : «: »

Techniques mixtes sur toile


Technique :

Peinture


Expédition :

L'œuvre est expédiée tendue sur un châssis, avec un certificat d'authenticité et une signature au dos.


Concept :


Cette peinture s’inscrit dans une série d’œuvres qui explorent l’identité du médium dans l’art contemporain. Comme les œuvres précédentes, elle aborde cette question à travers des thèmes tels que la paternité de l’œuvre, l’action, le libre arbitre, l’originalité et le travail.

La partie supérieure est une peinture originale représentant un village abandonné, un spectacle courant en Europe de l’Est dû à l’urbanisation et au vieillissement de la population. À l’instar des paysages de la tradition pittoresque du XVIIIe siècle, elle présente une sorte de ruine : des granges délabrées, un terrain et une route envahie par les fleurs sauvages et les hautes herbes. Cette ruine, c’est le résultat de l’action de la nature qui reprend le dessus après le départ des humains. Elle évoque un sentiment de mystère, ce qui rejoint l’interprétation de W. J. T. Mitchell selon laquelle le pittoresque est un objet trouvé.

Pour être considéré comme tel, un objet trouvé doit être ordinaire et découvert par hasard, plutôt que recherché. À mon avis, la peinture — que l’on a souvent déclarée morte depuis l’arrivée de la photographie, mais qui reste pourtant omniprésente et constitue l’image mentale par défaut de l’« art » — ne peut être pertinente aujourd’hui qu’en tant qu’objet trouvé : quelque chose de découvert et auquel on donne du sens par la recontextualisation plutôt que par les notions traditionnelles d’artisanat ou de création intentionnelle.

Le paysage suscite aussi ce que j’appelle le « sublime des travailleurs » : l’émerveillement devant l’énorme travail que recèle l’œuvre : les détails, le savoir-faire, le temps passé. Cet effet est amplifié par le choc de voir son « détérioration » à travers les taches et les coulures de peinture. En ce sens, le paysage est une double ruine.

La partie inférieure est un objet trouvé à proprement parler : une bâche de peintre utilisée dans un atelier pour protéger les sols et les tables de la peinture et de l’apprêt. Mise au rebut comme sous-produit du processus de création artistique, elle possède néanmoins, à mon avis, des qualités esthétiques qui surpassent celles des œuvres d’art intentionnelles. Ça redéfinit la création artistique à travers la notion de Jon Elster d’« états » qui sont essentiellement des sous-produits : quelque chose qui n’apparaît qu’à la suite d’actions menées à d’autres fins, et qui ne peut pas être créé intentionnellement, car le simple fait d’essayer empêche cet état de se produire.

Pour réunir ces deux processus dans une seule œuvre, j’ai laissé le paysage dans un atelier où se tiennent régulièrement des ateliers de peinture. Je voulais que les gens qui utilisaient cet espace traitent la toile comme une protection. Mais au bout de près d’un an, il n’y avait pas beaucoup de progrès. Les gens se sentaient gênés. Les traces et les marques qu’ils laissaient étaient rares et peu convaincantes. C’est le contraire de ce que j’espérais qui s’est produit : le paysage, reconnu comme de l’art, a perdu sa capacité à devenir un sous-produit.

Pour le montrer clairement, j’ai cousu la toile avec une vraie toison de peintre, mettant ainsi en évidence le choc entre l’action d’un artiste autonome et celle d’un environnement assujetti. Le contraste simultané qui en résulte invite à un glissement perceptif du type « canard-lapin », remettant en question les idées reçues sur le travail, l’œuvre d’art, la liberté et l’originalité.

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Genady Arkhipau

Genady Arkhipau étudie les beaux-arts et la médiation artistique à l'Université des arts de Braunschweig. Inspiré par ses expériences personnelles de déplacement forcé, de travaux manuels et d’une carrière dans l’art traditionnel, et s’appuyant sur des études théoriques en histoire de l’art et en médiation artistique, son travail actuel aborde un large éventail de thèmes, allant de l’oppression politique et de la guerre à la religion, en passant par l’autonomie esthétique, la culture d’entreprise et le capitalisme.

Avant de se lancer dans l’art contemporain, il était peintre traditionnel et travaillait avec des galeries aux États-Unis et en Biélorussie. Ses peintures ont remporté de nombreux prix, ont été publiées dans des magazines et des recueils, et ont été exposées, entre autres, au Salmagundi Club et au National Arts Club à New York, ainsi qu’au Musée d’État de Pennsylvanie.

28 janvier 2026 – 22 mars 2026 — Exposition collective dans le cadre du projet « Kunst am Bau » de la nouvelle caserne de pompiers et de secours de Wolfsburg, Galerie municipale de Wolfsburg, Wolfsburg, Allemagne

Février 2026 — Résidence MOSI, Braunschweig, Allemagne

Avril 2026 — Projet de médiation artistique « Let's Take it Outside » à Goslar, Allemagne

Foto von Genady Arkhipau

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