The Original Referent
| Hauteur | 200 cm |
|---|---|
| Largeur | 150 cm |
| Longueur/Profondeur | 1 cm |
Technique : «: »
Techniques mixtes sur toile
Technique :
Peinture
Expédition :
L'œuvre est expédiée tendue sur un châssis, avec un certificat d'authenticité et une signature au dos.
Concept :
Cette peinture est le résultat d’un travail. Elle affirme que l’originalité n’est vraiment possible qu’en l’absence d’auteur — non pas par la création, mais plutôt dans le processus même de la réalisation.
J’ai demandé à mes camarades de fac d’écrire une phrase qui avait une signification importante pour eux, qui représentait leur individualité ou leur originalité, quelque chose de tellement personnel que ça leur « ferait mal » si je la recouvrais de peinture. Chaque phrase, citation ou adage qu’ils ont apporté était le signe d’une idée abstraite complexe — une idée qui était elle-même une expression dérivée ou appropriée de leur individualité. Chaque texte n’est ni l’idée qu’il représente, ni la personne qui utilise cette idée pour s’exprimer.
Je voulais voir s’il était possible d’inverser cette dynamique et de tirer quelque chose d’original de ces références : un référent. À première vue, ce processus peut ressembler à un simple pastiche — un collage de textes symboliques. Mais chaque fois qu’un texte est écrit, je le recouvre de peinture pour briser l’intertextualité immédiate — ce contraste simultané de sens qui pourrait suggérer l’intention d’un auteur.
En repeignant ces petits textes, j’ai aussi effacé le sens du tableau — je l’ai « désignifié ». Ce faisant, j’ai fini par obtenir quelque chose d’original, d’« unique » — quelque chose qui est pas une copie. L’œuvre vise à remettre en question la séparation entre théorie et pratique, entre l’esprit et le corps, et par extension, entre le travail intellectuel et le travail manuel. Le fait de repeindre peut être vu comme un acte de destruction qui, selon Jean Baudrillard, est un comportement plus inné (au même titre que le don, les festivités et le sacrifice) que la production. On peut créer quelque chose d’original en détruisant la copie. Pour briser la signification (la défamiliarisation, la Verfremdung de Brecht, la différance), c’est se libérer de l’habitude et devenir/vivre l’originalité pour la première fois. Encore une fois.
Bien sûr, il est impossible d’échapper complètement à la signification. Le résultat final restera tout de même reconnaissable comme une peinture, apparemment inspirée de l’expressionnisme abstrait, avec tout le bagage sémantique qui va avec : le « génie artistique » solitaire (un homme blanc), un théoricien d’avant-garde, un placement financier, un incontournable de la déco d’intérieur, etc.
Mais la vraie inspiration ne vient pas des ateliers new-yorkais des années 1940, mais de la rue — plus précisément du « buffing », c’est-à-dire quand les services municipaux repeignent par-dessus les graffitis. C’est fascinant à deux niveaux : d’abord, parce que le graffiti est un acte de résistance contre le branding capitaliste et l’urbanisme (contre la signification) ; et ensuite, en tant que visualisation d’une activité dialogique entre les graffeurs et la ville. On peut y voir une trace de l’autonomie de la ville elle-même : l’ensemble de l’urbanisme et des murs propres pousse ses habitants à agir en les taguant et en y dessinant des graffitis, ce qui oblige à son tour la ville à réagir en les recouvrant de formes abstraites. Aucun des deux ne cherche à faire de l’art, mais les images qui en résultent ont souvent cette élégance saisissante du « maître ivre », ce qui manque à la plupart des exemples célèbres de l’expressionnisme abstrait.
Ici, les textes brisent la totalité de la peinture, et la peinture résiste à toute imposition de sens. En recouvrant les significations, j’efface aussi la paternité de l’œuvre, et en travaillant de manière presque mécanique, je renonce à la mienne. Je ne me contente pas de copier un effacement. Ce n’est pas une simulation de graffitis recouverts, c’est c’est un graffiti recouvert.
Ce n’est pas une œuvre d’art — c’est un original.
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Œuvres sur commandeGenady Arkhipau
Avant de se lancer dans l’art contemporain, il était peintre traditionnel et travaillait avec des galeries aux États-Unis et en Biélorussie. Ses peintures ont remporté de nombreux prix, ont été publiées dans des magazines et des recueils, et ont été exposées, entre autres, au Salmagundi Club et au National Arts Club à New York, ainsi qu’au Musée d’État de Pennsylvanie.
28 janvier 2026 – 22 mars 2026 — Exposition collective dans le cadre du projet « Kunst am Bau » de la nouvelle caserne de pompiers et de secours de Wolfsburg, Galerie municipale de Wolfsburg, Wolfsburg, Allemagne
Février 2026 — Résidence MOSI, Braunschweig, Allemagne
Avril 2026 — Projet de médiation artistique « Let's Take it Outside » à Goslar, Allemagne