Erich

par Erich

Judit Flamich est l'artiste du mois de décembre 2023. On est ravis de te faire découvrir son travail plus en détail et de t'emmener dans ses aventures passionnantes.

Où et quoi étudies-tu ?

J'étudie la conservation et la restauration de peintures et de sculptures en bois polies à l'Université des Arts appliqués, ainsi que l'histoire de l'art en master à l'Université de Vienne.


Tu voudrais peut-être nous donner un petit aperçu de ce qui

t'occupe en ce moment ?

Je n'ai jamais vraiment un seul sujet qui m'occupe. J'ai toujours besoin d'une certaine diversité, tant dans ma vie privée que dans ma création artistique. En été, je passe généralement beaucoup de temps dehors, dans la nature, à peindre en plein air. En hiver, je passe en revanche plus de temps dans mon atelier. Cet hiver, par exemple, je me suis beaucoup intéressée aux techniques de peinture traditionnelles, comme la tempera à l'œuf sur panneau de bois, le dessin au fusain et la dorure. En ce moment, je bosse sur une trilogie de fausses icônes qui réinterprètent trois versions indirectes et revisitées de la « Vie de saint Antoine » de Sano di Pietro, et qui transforment ces représentations de saints en instantanés de ma propre vie moderne. Je bosse aussi sur un tableau d’anime « à la médiévale » avec la même technique. Sinon, ma série surréaliste bat toujours son plein : j’y représente mes rêves ou mes visions fantastiques. Mais l’œuvre que j’ai commencée récemment aborde plutôt un sujet classique. Ce sera une grande toile représentant une scène d’arbres enneigés du Türkenschanzpark (juste à côté), avec quelques éléments un peu psychédéliques. J’ai déjà représenté cette petite oasis urbaine d’innombrables fois sur mes toiles et il y en aura certainement encore beaucoup d’autres.


Quels sont les matériaux et les techniques que tu préfères utiliser ?

Je travaille généralement à l'huile sur toile et, pour m'entraîner ou pendant mes voyages, à l'aquarelle. Depuis que j'ai commencé mes études de conservation et de restauration, je m'intéresse de plus en plus aux techniques traditionnelles, comme la tempera à l'œuf sur panneau de bois, la fresque, la dorure ou la sculpture.


Qu'est-ce qui t'inspire ?

Je m'inspire surtout de mon environnement, c'est-à-dire que j'adore aller voir des expos d'artistes contemporains et d'artistes de mon âge. Si je devais choisir un artiste encore en vie qui m’inspire particulièrement, je choisirais Peter Doig. Il mêle des éléments surréalistes à un univers pictural qui semble s’inspirer de la nature, ce que certains experts en art qualifient d’impressionnisme revisité. Sinon, je suis – c’est presque un cliché – une grande fan de l’impressionnisme, ce qui se reflète visiblement aussi dans mes tableaux. Sortir de l’atelier et aller peindre en plein air ! Et puis, je trouve les réalistes viennois géniaux.

Est-ce que tes études t'aident dans ta pratique de la peinture ?

Absolument ! Mes études m'ont surtout aidée à acquérir une compréhension approfondie des matériaux que j'utilise dans mon art. On peut se représenter les études de conservation-restauration un peu comme ce qu’on apprenait autrefois dans une école de peinture, mais en y ajoutant de nombreuses matières scientifiques, comme la chimie et la science des matériaux.


"Der letzte der feurigen Leibhaber"
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670,00 €*
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An Untitled Portrait
80 x 65

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Apokalyptischer Würstelstand II.
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1 100,00 €*
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Black swan of Galway
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Bobr Fluss Plein Air
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80 x 60

1 100,00 €*
Boxer


D'où te viennent tes sujets et comment sais-tu ce que tu veux peindre ?

Ça dépend vraiment. Quand je peins en plein air, à cause des conditions météo et de la lumière, je dois choisir très rapidement, dans l’environnement que j’ai choisi, une image ou un point de vue naturel, avec la perspective qui va avec, pour que ça rende bien sur le tableau fini. Parfois, ça marche du premier coup, mais parfois, je dois faire plusieurs tours. Ça s’est passé tout autrement pour ma série surréaliste. En fait, cette ligne de peinture surréaliste est née de l’interprétation de mes rêves bizarres. Je suis fasciné par la façon dont mon propre cerveau traite les pensées et les sentiments. Dans cet état d’inspiration, j’essaie, à travers le processus de peinture, de comprendre ces émotions et ces idées sous-jacentes. 

Quels thèmes te trottent dans la tête ?

En gros : la nature, mon environnement, la nature qui m’entoure et l’influence qu’elle exerce sur moi. Je n’ai pas de thème unique et global qui m’occupe en permanence. Je trouverais d’ailleurs un peu faux d’affirmer ça. Toutes mes œuvres ont un lien très personnel avec moi-même et mes propres réflexions. Mon art ne comporte que très rarement un message politique ou contestataire ; quand c’est le cas, il s’agit souvent d’une critique socioculturelle plus profonde et subtile.


Comment tu crées ta palette de couleurs ?

Je suis sortie au soleil et j’y ai vu toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Je peins ce que je vois. J’adore faire ressortir dans chacune de mes œuvres cette atmosphère particulière que j’ai moi-même ressentie au moment même où l’inspiration m’a envahie. Ce sentiment que je viens de décrire s’accompagne toujours d’une certaine palette de couleurs, que j’utilise en moi comme une impulsion pour peindre.


Tu peins beaucoup en plein air – quelles sont tes impressions là-dessus ? 

L'époque de l'impressionnisme me fascine depuis mon enfance, avec ses couleurs vives et ses coups de pinceau rebelles. Mon tout premier souvenir de visite au musée me ramène à un paysage de Van Gogh, devant lequel, alors que j’avais environ 8 ans, j’ai dit à ma maman : « C’est exactement comme ça que je veux peindre ! ». En apprenant comment ces tableaux voyaient le jour, j’ai découvert que les artistes du mouvement impressionniste avaient enfin pu pratiquer leur art sur le terrain grâce aux tubes de peinture portables, récemment apparus sur le marché à la suite de l’industrialisation, et à des installations astucieuses et pliables. J’ai toujours adoré être à la montagne ou en forêt, jusqu’à ce que je me lance enfin dans la peinture en plein air en 2017, dans les montagnes suisses. En 2021, j’ai déménagé en Toscane, où j’ai trouvé les conditions idéales pour la peinture en plein air : des paysages magnifiques imprégnés d’histoire de l’art, ainsi que des conditions météo et de lumière exceptionnelles. La peinture en plein air, c’est à chaque fois une véritable aventure. Je choisis une destination approximative sur la carte, je m’y rends, je prends ma mallette de peinture et mon chevalet pliable, puis je me promène dans les environs jusqu’à ce que je trouve un point de vue qui me plaise, et là, je me mets à peindre. C’est un sentiment incroyablement libérateur d’être face au sujet dans toutes ses dimensions et de pouvoir l’appréhender avec tous mes sens.

Une anecdote de 2023 : lors de mon voyage en République tchèque, je me suis lancé dans une aventure de peinture en plein air dans le parc national de la « Suisse bohémienne ». Avant de partir, je m’étais juste renseigné sur le sentier de randonnée et je ne savais pas qu’une grande partie de la forêt avait brûlé l’année précédente. Mon image d’une belle forêt luxuriante, avec une flore et une faune épanouies, s’est transformée en un véritable fourneau mort. Malgré tout, j’ai décidé de peindre ce paysage justement pour cette raison. Je voulais montrer ce moment de déprime et la force de régénération de la nature qui en découle. Quand on peint dans des lieux publics, les passants t’accordent toujours beaucoup d’attention. On se retrouve souvent embarqué dans des discussions passionnantes, ce qui a été particulièrement le cas ce jour-là. Si je n’ai pas la possibilité d’emporter toute ma mallette de peinture (qui est assez lourde) – comme par exemple en haute montagne –, ma boîte d’aquarelles ne doit jamais manquer dans mon sac. J’ai une petite collection de cartes postales que je crée au fil de mes balades à travers le monde.


Comment tu décrirais ton style ?

Je ne pense pas avoir de style bien défini. Mes tableaux sont tantôt plus précis, tantôt plus abstraits. Mon style est influencé par de nombreux modèles différents, mais s’il y a un principe qui revient toujours, c’est cette palette colorée pleine de contrastes, mêlée à des éléments fantastiques. Ces derniers temps, mes peintures sont passées d’un trait pâteux à une technique plutôt en glacis, riche en détails, pour mettre en valeur la finesse des éléments surréalistes. En gros, je décrirais donc mon style comme une sorte de simulation fantaisiste, colorée et organique, avec des éléments anthropomorphiques.

Tu peux nous parler un peu du tableau sur lequel tu peins ?

Ce tableau est né d'un rêve très intense. Ces derniers temps, je m'intéresse de plus en plus aux effets du changement climatique sur la nature et j'ai déjà abordé ce thème dans plusieurs tableaux. Dans ce rêve, la mort de la nature m’est apparue sous une forme allégorique : les pins n’avaient plus d’aiguilles, l’herbe était desséchée et les animaux qui restaient erraient dans les environs, assoiffés. Le personnage représenté est censé m’incarner moi-même, alors que je devais ouvrir ma poitrine, mon corps tout ridé, pour en offrir le sang en sacrifice à la nature, comme source de nourriture. Je ne cherche en aucun cas à me donner un air héroïque avec cette représentation. Mon subconscient a simplement tenté, à travers cette vision catastrophique, de contrer les conséquences de la pression incessante que l’humanité exerce sur la nature. L’œil ouvert au centre de l’arrière-plan de l’image fait d’une part référence à la prise de conscience de l’état de rêve, et d’autre part, il est censé inciter, tel un appel à ouvrir les yeux, à adopter une attitude consciente envers notre environnement. Cette image fait partie d'une série dans laquelle j'ai travaillé sur des sujets similaires, comme par exemple cette image-là.


Tu écoutes de la musique quand tu peins ?

J'écoute souvent des documentaires ou des livres audio sur l'histoire de l'art ou la philosophie quand je peins, car ils m'apportent sans cesse de nouvelles perspectives sur la peinture. J'aime aussi écouter de la musique quand je peins, surtout du jazz ou du rock psychédélique.



Comment as-tu découvert Studierenden Kunstmarkt et quelles ont été tes expériences ?

C’est ma bonne amie Helka Iványi, qui est elle-même présente sur la plateforme, qui m’a fait découvrir le site. Elle a eu de bonnes expériences avec vous et je me suis inscrite sur sa recommandation. 

 As-tu vécu une expérience particulière avec un client ?

Oui, plusieurs fois ! Mon anecdote préférée, c’est quand j’ai vendu le tableau « Raimundshof » et que j’ai reçu une lettre du client quelques jours plus tard. Il m’écrivait à quel point il était content de son tableau. C’était vraiment touchant ! :) 

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