par Erich
Mise à jour le :10.18.2023
Une série très marquante d’Anna Hopfensberger, ce sont les « bouches », qui, surdimensionnées, sont posées sur des personnages qui semblent plutôt petits et deviennent ainsi des personnages abstraits. Des œuvres qui vont vraiment jusqu’à l’extrême et qui captivent les spectateurs – non pas par le regard, mais par la bouche. Selon Hopfensberger, ce sont des scénarios qui sont parfois même plutôt bien accueillis par le marché de l’art américain. Des images expressives à tous les égards, derrière lesquelles se cache une artiste inébranlable. Ce qui est déjà considéré comme un style marquant n’est pourtant pour Hopfensberger qu’une facette parmi tant d’autres : Si tu regardes son répertoire dans son ensemble de plus près, tu verras que Hopfensberger raconte plein d’histoires et ose les représenter de façons très variées. Elle-même voit cette polyvalence comme le reflet de sa personnalité ; les différences se trouvent parfois même dans les coups de pinceau. Ses divers centres d’intérêt jouent aussi un rôle là-dedans. Outre l’histoire de l’art et la philosophie, l’artiste s’intéresse aussi aux innovations techniques comme, par exemple, la conduite autonome, l’intelligence artificielle et les NFT.
Ouvrez les frontières !
Ce sont justement les voix critiques venant de l’extérieur qui poussent souvent les jeunes artistes vers une orientation artistique très spécifique. Les remarques des galeristes critiquaient sans cesse la polyvalence de Hopfensberger, ce qui lui a surtout appris une chose : qu’il y a déjà suffisamment de limites qui restreignent notre création à cause de l’éducation, de l’environnement et des conditions sociales dans lesquelles on vit. Hopfensberger est capable d’intégrer plusieurs styles et thèmes dans ses œuvres et souhaite délibérément dépasser les limites pour contrer ainsi les commentaires extérieurs. Elle encourage ainsi de nombreux jeunes artistes à cultiver leur propre créativité et à ne pas se cantonner trop tôt dans une voie.
Sortir des sentiers battus !
Hopfensberger peint de manière très intuitive, avec des coups de pinceau épais et colorés, et apporte toujours un vent de fraîcheur à ses nouvelles œuvres. Une peinture qui «
sort
vraiment des sentiers battus », c’est le thème de la ballerine. Ici, les attentes en matière de beauté et de perfection sont délibérément ignorées ; les personnages semblent presque déplacés dans un décor par ailleurs si parfait. Un réalisme que beaucoup d’autres artistes évitent souvent. Elle-même est une danseuse passionnée et consacre beaucoup de temps à la danse dans sa vie privée. Du coup, le mouvement s’invite dans ses tableaux et ses personnages semblent prêts à se mettre à danser. Avec son œuvre « The best time of my Life is now » (100 x 75 cm, huile sur toile de lin), elle redonne à la peinture beaucoup de joie et de légèreté. Elle s’inspire de nombreux artistes contemporains, parfois marqués par la lassitude face à une histoire de l’art toujours identique et très dominée par les hommes : Picasso, Chagall, etc., et s’oppose à cela en s’appuyant sur de jeunes artistes actuels, comme Jenna Gribbon ou Salman Toor. Elle apporte un vent de fraîcheur sur la scène artistique, remet en question les structures sociales et les fait souvent s’effondrer dans ses tableaux. En même temps, elle sait capturer les moments du quotidien et leurs protagonistes, et les immortaliser d’une manière très intense. Anna Hopfensberger est un véritable atout pour la communauté des étudiants d’Kunstmarkt et on a hâte de découvrir plein d’autres superbes œuvres d’art.